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Rencontre d’explorateurs : David et Ju.

Mar 14, 2011 by     2 Comments    Posted under: Interviews

Au fil des explorations urbaines, on a la surprise de tomber sur d’autres personnes animées par la même passion et c’est ainsi qu’une discussion s’installe et en découle le premier article de « Rencontre d’explorateurs ».

Pour cette première rencontre, voici l’entretien de David et Ju, deux passionnés d’urbex.

UrbexFrance: Salut David et Ju, je vous remercie d’accepter cette interview, pouvez-vous m’en dire plus sur vous et votre groupe d’explorateurs ?

Ju: J’aime faire mes visites seul, ce qui n’est pas du tout sécuritaire. Mais pour l’instant, les visites que j’ai faites avec d’autres personnes, sont soit des amis qui sont intéressés par l’idée, soit d’autres explorateurs rencontrés sur des forums ou autres sites d’urbex.

David: Et bien, il était une fois (rire), non plus sérieusement j’ai commencé à explorer toutes sortes de lieux alors que je savais à peine marcher, cela à commencé par le grenier d’un immeuble dans lequel on habitait pour finir par des infiltrations dans le collége, pendant les heures où il nous était interdit de trainer dans les couloirs.
C’est sûr, à cette époque, je ne pensais pas que cela se perdurerait à l’âge adulte. Je suis devenu charpentier et j’ai parcouru la France entière, j’ai eu l’occasion de visiter des lieux inaccessibles en temps normal. Visite des catacombes Parisiennes, de clochers, de toitures et j’en passe..
Tout s’est précipité en 2008 avec la création d’une bande dessinée et je’étais décidé à reprendre mes études pour intégrer une école de dessin. J’avais en plus besoin de me nourrir d’images de rouille et de peintures écaillées! Je ne pouvais plus me passer de ce genre d’images. Plus tard, je trainais avec un ami dans un vieil hôpital abandonné et j’ai découvert le terme urbex.
J’ai découvert qu’il existait tout un monde de passionnés et forcément ça n’a pas mis longtemps avant de me bruler les tripes. A la même période, J’ai repris contact avec une amie qui avait la même passion pour l’urbex.

Des amis se sont greffés à nos explorations, et petit à petit est né le forum d’Underlive. Pour l’instant, il n’en est qu’aux balbutiements de son existence mais je compte bien en faire plus qu’un simple forum.

UF: Pour toi, l’urbex c’est une façon de se souvenir du passé ou un trip morbide dans des lieux abandonnés ?

Ju: Me souvenir du passé n’est pas le bon terme. Je n’ai pas connu le passé de ces bâtiments, je dirais plutôt, m’imprégner de leurs histoires… Avant de visiter un lieu, je me renseigne longuement sur son histoire, anecdotes, et raisons de sa fermeture. Ce qui rend la visite plus intéressante.

David: Morbide? L’urbex? Non! Peut-être pour certains oui et même s’il m’arrive de tripper sur des choses morbides, ce côté ne reste que pour la rigolade. Ma vision de l’urbex n’est pas « Morbide » ! Ces explorations sont un moyen de se souvenir du passé, d’essayer de ressentir la vie qu’il y a pu avoir dans ces vestiges modernes mais pour ma part, c’est surtout le moyen de s’évader, de se retrouver dans un monde qui me semble plus personnel. Faire une introspection, être coupé avec la réalité. Je fais parti de ceux qui ont les pieds solidement ancrés sur terre et la tête à vingt mille lieues dans l’espace. L’urbex est pour moi le moyen de planer sur cette autre fréquence et de me déconnecter.

J’ai vu vos balades urbaines, plusieurs sanatoriums et même une morgue dans le Bas-Rhin , il s’est déjà passé quelque chose d’étrange comme un bruit bizarre, la femme blanche au fond d’un couloir (haha) ?

Ju: Les différents sanatoriums que j’ai visités sont vraiment chargés d’histoires. Beaucoup ont été réhabilité en centres de soins ou hospices après la grande époque des sanas. Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, ces bâtiments étaient utilisés pour mettre en « quarantaine » des gens qui souffraient de maladies aujourd’hui guérissables sans trop de contraintes.
A l’époque, on pensait que le soleil était le seul remède contre la tuberculose. On construisait donc des bâtiments énormes, loin de tout pour guérir les tuberculeux. Ce qui rend ces bâtiments vraiment intéressants, c’est qu’ils ressemblent vraiment à des villes miniatures. Tout y est : chambres, chapelles, salles de sports, cafétérias, bibliothèques… et tout ce qui peut rendre la période d’internement d’un malade agréable.
Pour la visite de la morgue, il faut dire que la première fois que j’y suis allé il était 23h. J’était seul, le noir était total et j’avais malheureusement oublié ma lampe torche. C’était vraiment une expérience particulière. Je ne conseille à personne de visiter une morgue dans ces conditions. Je ne me sentais pas fier du tout pendant les 15 premières minutes de la visite. Chaque bruit me faisait sursauter. Mais c’était vraiment une des meilleurs visites que j’ai faite. J’y suis retourné avec des amis, les photos sont meilleures, mais l’ambiance n’était pas la même. Oui je parle de photos, car j’aime ça. Ma motivation principale est la découverte, l’histoire et la visite d’un lieu, mais pour moi l’immortalisation en photo est primordiale! J’ai l’impression de lui rendre une vie supplémentaire à travers mes clichés.
Pour en revenir à la femme en blanc, je ne crois pas aux fantômes. Donc par définition je n’en vois pas. Mais il m’arrive de penser au derniers occupants et de les imaginer dans le lieu tel qu’il était à l’époque ce qui rend la visite plus « vivante ».

David: (rire) Alors pour la morgue, je laisse cette partie à Ju. Non, je n’ai jamais rencontré de fantômes et c’est bien regrettable, car ils feraient certainement d’excellents guides (rire), Même si je n’irai pas jusqu’à dire que je suis cartésien, je laisse toutes ces rencontres pour ceux à qui cela a de l’importance. Ma copine en fait partie et peut être que cela équilibre en quelque sorte notre équipe mais moi je ne ressens jamais de choses bizarres, paranormales. Ta question me renvoie à une autre question qu’on me pose souvent « ça te fait pas flipper d’aller tout seul dans des lieux comme ça? » « -non… » , je ne vois pas pourquoi.

On me demande souvent pourquoi les explorateurs ne donnent pas l’adresse exacte des lieux, pourquoi selon toi ?

Ju: Quand je fais de l’urbex, la première règle est de ne pas dénaturer le lieu, donc pas de casse, pas de tags ou grafs. Je laisse juste mes traces de pas et de trépieds. Mes photos sont mes seuls souvenirs. Malheureusement, si on donne trop d’infos sur un site, on peut le voir se dégrader de jours en jours… c’est pourquoi nous ne donnons pas tellement d’infos. Sauf bien entendu aux autres explorateurs que nous connaissons bien.

David: (rire) Pour trois raisons simples, protéger les lieux des vandales et des voleurs, se protéger soi-même, et faut dire ce qui est.. par fierté. En règle générale on ne paratge qu’avec les gens qu’on connait, en qui on a confiance.

Vous pouvez donner quelques conseils sur la préparation d’une exploration d’un lieu abandonné ?

Ju: Beaucoup de recherches, des jours entiers à chercher des informations sur internet sur l’histoire et l’emplacement du bâtiment à visiter. C’est une de mes parties préférées. La préparation peut parfois prendre des jours, voire des semaines. Ou bien une heure, pour les lieux les plus connus. Si tu tombes sur une info, il ne faut pas la lâcher. Parfois tu peux reprendre l’info des mois plus tard car tu n’as pas eu le temps de te concentrer dessus, et tu te rends compte que l’histoire du lieu est énorme, et tu n’a qu’une envie : aller voir par toi-même.

David:
1:La bouffe, c’est primordiale. Il vaut mieux trop que pas assez (imagine… tu pars visiter des souterrains et tu te perds…)
2: Lorsque l’on part visiter un site encore inconnu, il faut toujours prévoir une exploration de secours, surtout si on se tape 800 kilomètres car on ne sait jamais dans quel état on va trouver les lieux.
3: Se renseigner un maximum sur l’endroit, pour avoir une idée du matériel nécessaire, prévention, etc..
4: Certains site internet (gouvernement, pollution, patrimoine ect…) peuvent donner des renseignements très intéressants et peuvent permettre de découvrir de nouveaux lieux.
5: Avoir une bonne liste de mots clefs pour les moteurs de recherche.
6: De la patience, de la persévérance seront nécessaires.

UF: J’aimerais que vous me présentiez l’une de vos explorations urbex préférées.

Ju: Mon explo préférée restera le puit de mine de potasse. Abandonné depuis 1976, il reste encore vierge de tout vandalismes et tags! Seul la rouille et la désolation règne en ce lieu magnifique.

 

David: Je l’ai découvert sur mon tour de France. La maison des Compagnons était situé à deux pas… mais ce n’est que quelques années plus tard que j’y suis retourné, avec Slex. Nous avons mis deux jours pour rentrer dedans: la Prison est en plein centre ville. Il est difficile d’entrer sans se faire repérer. Nous avons donc mis en place tout une stratégie, nous permettant de rentrer en plusieurs étapes dans le bâtiment. Lorsque nous avions pu enfin mettre en place un accès, nous somme revenus avec toute une panoplie de fumigènes et de feux grégeois. Là encore, il nous a fallu ruser pour les obtenir, car à l’heure actuelle, il faut montrer patte blanche et faire partie d’un syndicat de marin pour en avoir. Nous y avons passé la journée… on y voit des trace de la vie des prisonniers, on pouvait facilement deviné qu’un système de hiérarchie était mis en place: au dernier étage, les douches ont des chauffe-eau, et les murs sont décorés, tandis qu’au rez de chaussé, les toilettes n’ont pas de murs, les douches sont communes….

UF: Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Ju: Don’t try this at home! L’urbex est un loisir dangereux, il faut être bien préparé et surtout rester prudent. S’aventurer dans des lieux abandonnés depuis X années n’est pas un jeu, il faut savoir se contenir et parfois ne pas essayer d’accéder à des endroits qui sembleraient beaucoup trop dangereux

David: Et bien, je ne reprendrais pas les mots de Ju, même si deux avertissements valent mieux qu’un. J’aimerais également dire qu’on ne devient pas explorateur sur un coup de tête, à cause d’une photo que l’on aime. Je pense que l’on est explorateur avant de le savoir, par nature, ça fait partie d’un tempérament ancré dans nos méandres les plus profonds ou cela s’impose lentement et on devient addict comme pour n’importe quelle drogue dure. Dans tout les cas, il en résulte un long processus de découverte du monde, des failles du système, de la réalité et de soi-même. Parce qu’il nous fait voir la réalité autrement.. l’urbex est une drogue.

Merci à David et Ju de s’être prêtés au jeu des questions, vous pouvez découvrir leur forum ainsi que le site personnel de Ju. Si vous souhaitez participer à une « Rencontre d’explorateurs » , contactez-nous sur contact@urbexfrance.fr .

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