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Rencontre d’explorateurs: Diane de Neverends

juin 4, 2012 by     17 Comments    Posted under: Actualité, Interviews

L’exploration urbaine permet souvent de rencontrer des personnes intéressantes qui méritent de s’arrêter sur leur vision de l’urbex et de ce qui en découle. Pour cette 2eme rencontre, voici l’entretient avec Diane, une exploratrice pleines d’idées.

UrbexFrance: Bonjour Diane, peux tu me raconter tes débuts dans le milieu de l’exploration urbaine et qu’est ce qui t’a poussé vers cette pratique ?

Salut!

Une « banale » sortie photo sur la Petite Ceinture, une ligne de chemin de fer qui fait le tour de Paris, mais qui est désaffectée. On a passé la journée à 3 à arpenter cette ligne du sud au nord, sur le chemin on est tombé sur des lieux eux aussi désaffectés, on a visité, ça été le déclic, on a fait des recherches sur d’autres sites abandonnés. On a alors commencé a 3-4 a arpenter l’Île-de-France, a cette époque il restait pas mal de choses : une papeterie, une graineterie, des docks à alcool… tout ces lieux sont aujourd’hui soit réhabilités soit détruits. De fils en aiguille, l’exploration de lieux a l’abandon, m’a amené a découvrir les catacombes mais aussi la toituro, car explorer peut prendre différentes formes.

 

UF: Parmis tes explorations, quel est le lieu le plus impressionnant à tes yeux ?

C’est difficile pour moi de définir un lieu en particulier, car il y a évidement ma première « vraie » friche : la papeterie Darblay, qui est restée longtemps un lieu magique, pendant des années je n’ai même pas souhaité y retourner de peur d’être déçue de sa dégradation et de sa destruction…finalement j’y suis retournée 5 ans après la première visite, et l’ambiance était toujours là, ce que j’avais aimé n’avais pas bougé. J’en garde un bon souvenir.

Il y a eu aussi cet ancien hôpital, ou une vague d’angoisse m’enveloppait juste a l’entrée du couloir menant à la morgue, pourquoi ici? je ne sais pas, j’ai fait plusieurs fois fait l’expérience et toujours au même endroit j’avais cette sensation étrange ! cela n’avait rien avoir avec une quelconque peur de faire une mauvaise rencontre ou de me faire voir, je connaissais très bien l’endroit, ses dangers. Lors de ma dernière visite de ce lieu je suis restée un bon bout de temps dans le noir a attendre, je suis allée ailleurs et je suis revenue a ce même endroit pour voir ce que cela me faisais…et toujours cette même sensation étrange…Aucune autre friche ne m’a touchée ainsi, donc elle reste particulière à mes yeux. Aujourd’hui cet hôpital est en réhabilitation, j’ai des fois envie de le revisiter et de retourner à cet endroit, voir si je ressentirais toujours la même chose :)

Autre lieu chère à mes yeux : le Silo 5 de Montréal, une véritable aventure pour éviter les rondes, je l’ai arpenté 3 fois en long en large et en travers et aussi un moment magique : dans le noir, dans le silence, à un moment s’est élevé un chant mélodieux, on s’est demandé ce qui se passait, et en fait une personne chantait dans une attraction mise en place a l’extérieur appelée le Silophone : il suffit d’appeler un numéro et de dire quelque chose pour que la voix soit retransmise et mise en écho dans les Silos. Finalement ceux qui en profite le plus sont les explorateurs.

 

UF: On remarque sur ton site internet, que tu ne fais pas qu’explorer ces lieux, tu crées des univers hors du commun à partir des photographies, peux tu m’en dire plus sur ta démarche ?

Je fais 2 types de photos : la photo témoignage et aussi des photos qui me serviront de matière afin de m’approprier le lieu. Souvent des idées naissent de la visite d’un lieu. Je montre donc ce qui me passe par la tête et ce qui titille mon imaginaire. L’éclairage, la mise en scène sont autant de choses ou l’on peut exprimer sa créativité et j’en profite pleinement…car ce n’est plus le lieu lui meme mais l’interaction entre le visiteur/photographe/explorateurs qui est mis en valeur. Ces lieux sont une part importante de mon imaginaire, je peux inventer et réinventer pleins de choses, des idées des scènes qui me passent par la tête lors d’une visite ou quand j’édite mes photos.

 

UF: J’aimerai que tu me présentes en quelques lignes l’une de tes récentes explorations. 

Ma dernière exploration est un château à l’abandon donc. Même s’il n’a rien de vraiment exceptionnel, il m’a laissé une impression particulière. Plutôt de mal être par rapport à son histoire ou plutôt celle de ses occupants. Dans les photo-montages présentés si dessous je ne me suis attaché qu’au lieu lui même et a son graphisme, en aucun a son histoire. Souvent quand on visite de telle demeure a part des détails historiques d’architecture, il ne reste presque rien, là au contraire il restait beaucoup de choses, d’effets personnels, peut être trop… éparpillés, caractéristique du propriétaire dont le passé assez sombre frappe malgré tout. Beaucoup d’interrogation, de découvertes, de photos, ayant un gout prononcé pour Napoléon, on retrouve ici et la quelques statuettes malmenées aux têtes brisées…des livres sur lui, viennent côtoyer des livres érotiques aux couvertures et titres racoleurs des années 80. A peine arriver je ne rêvais déjà que du moment où je pourrais m’échapper de cet endroit étrange. Pourtant j’ai sorti 3 photos que je juge intéressantes, la première dans le superbe escalier, qui m’a fait tourner la tête, tel un tourbillon vermillon cette impression de profondeur, de spirale donne envie de s’y plonger, c’est dans cette optique que j’ai posé mon personnage, à l’allure abandonnée, voir un peu triste et perdue dans cette robe bleue, froide qui contraste avec ce rouge vif:

une autre pièce de la demeure m’a interpelé, la salle de bain ! Même si le lieu en comptait plusieurs, celle si m’a interpellée, la mosaïque, les tons bleutés associés au rose, des tonalités que je n’utilise jamais en général m’ont inspiré.
Lors d’une première visite j’ai pris en photos cette pièce, lors d’une seconde visite mon idée bien ancrée j’ai juste fait des photos de dimension afin de réaliser mon montage. Le temps, le froid du matin, le lieu ne me donnait pas du tout envie d’y réaliser complétement la scène. Et puis j’avoue aimer retoucher mes photos, me lancer des défis dans mes réalisations.

La aussi cette photo a été réalisé lors d’une seconde visite, cette lampe m’avait interpellée la première fois et une idée était née, rien d’innovant puisque l’exercice a déjà été réalisé par des adeptes de la technique « strobist » mais la coté décalé avec le lieu me plaisait bien, pour le coup tout a été réalisé sur place !

 

UF: Explorer un lieu abandonné comporte pas mal de danger, qu’est ce qui te fait le plus peur ? Cela t’a déjà empêché de visiter un lieu ?

Ce qui me fait le plus peur…ne pas savoir ou je met les pieds. Une exploration bien maitrisée et préparée ou l’on sait ou met les pieds, et réalisée avec des personnes dignes de confiance a plus de chance de réussite qu’une visite coup de tête sans connaitre les risques physiques ou judiciaires.
Je suis quelqu’un qui marche beaucoup à l’instinct, quand je ne sens pas le truc je ne tente pas le diable. Je cherche à explorer, me faire plaisir, pas à me mettre en danger, ni ceux qui m’accompagne.
Au début je ne faisais pas trop gaffe mais quand je vois les accidents, j’y pense à 2 fois avant de faire un truc. Bien sur cette une constatation générale sur mon activité, un plan ne se déroule pas forcément comme on le prévoit.

Réfléchir à ses motivations est important aussi, souvent explorer c’est un peu dépasser certaines limites, l’important c’est de savoir ou de mettre les pieds et d’être capable d’assumer les conséquences. D’être en accord avec soit même.

 

UF: Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Se remettre en cause, se poser les bonnes questions sur cette motivation à pratiquer l’exploration. Pour moi il y a 2 sortes d’explorateurs : les explorateurs urbains qui visitent la ville pour la comprendre et la connaitre, des personnes intéressées par l’histoire et l’architecture et les urbexeurs, ceux pour qui c’est un sport le dimanche pour le physique et surtout l’égo. Pour moi le plus important c’est le lieu, pas pour les gens qui passeront ensuite, mais par respect pour le lieu lui même. Les lieux sont importants, il font partis de l’Histoire, de notre histoire.

 

Merci à Diane de s’être prêtée au jeu des questions, vous pouvez découvrir son site ainsi que son flickr. Si vous souhaitez participer à une « Rencontre d’explorateurs » , contactez-nous sur contact@urbexfrance.fr .

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